Les participants

lwyn R. D. 5S

02/03/2017 - 13 ans - France - 74350

S.O.S Présidente

Je n’ai jamais voulu être présidente, que cela soit clair. Quand je me suis présentée, c’était juste une stupide blague, un pari perdu. Je pensais que les français seraient assez intelligents pour ne pas faire la même gaffe que les Etats-Unis –qui ont élu un con portant le nom d’un canard et qui se prend pour la reine d’Angleterre. Peut-être qu’avoir un président nul à chier est une nouvelle mode ? Mais que voulez-vous. Des fois, le destin fait des conneries. Et si je l’avais devant moi, je l’embrasserais comme une folle avant de réduire son appareil génital en miettes. Perdue dans mes pensées, je n’avais pas vu que nous survolions le Palais de l’Elysée. Ce lieu que j’ai toujours trouvé imposant, et que je peux désormais franchir sans bouger mon postérieur d’un siège. J'admets que c’est une sensation assez agréable. Du moins ça le serait, si je n’avais ni le mal des transports, ni le vertige. Car qui dit Président, dit hélicoptère. Le véhicule de Satan. Tandis que je me récapitule les consignes de sécurité –qui ne me serviront à rien en cas d’accident, à part me confirmer que mon pilote est une buse- un musclor m’emmène à bord de l’Airbus A330-200. Je ravale mon déjeuner en apercevant la distance entre le sol et mon corps. Mais je vois autre chose dans la foulée. Planté dans la terre, un énorme matelas gonflable attend patiemment d’amortir une chute. En l’occurrence, la mienne. Plutôt inquiète, je me tourne vers l’aviateur et lui demande pourquoi on ne se pose pas. Ce à quoi il répond « Parce que. ». Je le regarde les yeux ronds comme des billes, hésitant entre un rire jaune et une rencontre entre mon pied et son entrejambe. Mais avant que je n’aie pu trancher, on me pousse en avant. J’hurle à m’en percer les tympans et bats désespérément des bras. Comme si j’allais me transformer en oiseau… Puis vient l’impact. Le moment où je me suis écrasée comme une grosse crêpe, avant de rebondir plusieurs fois comme une balle de ping-pong –matelas 1, gravité 2. J’ai vomi mes tripes par la suite et le match a continué dans mon pauvre cerveau. En tout cas je sais quel sera mon premier ordre. Licencier le taré qui m’a jetée dans le vide. Oh, vous n’avez pas idée comme je peux être rancunière. - Bienvenue au Palais de l’Elysée, Mme la Présidente. Mon regard croise un beau blond en frac, au sourire charmeur. Je me rends compte alors que je m’appuie sur sa jambe depuis tout à l’heure. Je retire de suite ma main, mais mon instinct de femme me calme immédiatement. Il est gay. Bien sûr je n’ai rien contre les homosexuels. C’est juste que je ne pourrais jamais goûter aux lèvres de ce bel athlète. Enfin, dans la vie on n’a pas toujours ce qu’on veut. - Pardonnez-moi si je ne me présente pas, enchaine t-il une main à plat sur son torse, aucunement perturbé, mais je vous présente d’avance mes excuses et celle du gouvernement (j’hausse un sourcil, me demandant quelles emmerdes je vais encore avoir). Vous n’allez pas pouvoir entrer dans le bâtiment jusqu’à nouvel ordre, car nous subissons actuellement une invasion de lapins. Toutes les issues ont été bloquées et une battue est organisée par M. le Premier Ministre. - C’est une blague ? je demande, impressionnée par cette journée de merde.

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