Moi, Ducon, Président de la République

Luny

08/04/2017 - 13 ans - France - 75013

Moi, Ducon, Président de la République

Bon, je sais ce que vous êtes en train de vous dire : « Bordel de chiotte, c’est qui celui-là ? ». Et bien je suis votre président. Respectez-moi ou j’vous bute. Parce que j’en ai le pouvoir. Parce que je suis votre Président. Oui, je suis Président de la République Française depuis maintenant… 6 heures très exactement. Croyez-moi, je l’ai mérité parce que la campagne n’a pas été facile.

Je m’appelle Jean-François Ducon-Gnangnan. En fait, en réalité, je m’appelle Mohamed, mais ça ne faisait pas très camembert comme prénom, et ma côte de popularité était en train de descendre les pistes noires. Alors, quand j’ai vu que pour être président, il fallait s’appeler soit François, soit Jean, j’ai mis toutes les chances de mon côté et j’ai mélangé les deux.

Ah ! Je suis si content de pouvoir aller à l’Elysée en voiture ! Il faut dire que devoir me déplacer en vélib’ pour obtenir le vote des écolos n’a pas été facile tous les jours…

Enfin arrivé, je sors de la voiture. Immédiatement, deux hommes baraqués se mettent côté de moi. J’imagine que ce sont mes nouveaux gardes du corps. Dommage, ils ne sont pas noirs comme dans les films. Pas grave, je les virerai après.

Je serre la main de trois cons, puis on m’amène dans mon bureau. Je signe quelques papiers, puis je demande, intrigué :

« Où est ma secrétaire ? »

Secrètement, je ne suis devenu président pratiquement que pour ça : ma secrétaire. C’est bien connu ! Toutes les secrétaires sont blondes, belles et sexy, surtout celle du Président de la République. Un homme me répond :

« C’est Pénélope Couillon qui est chargée du secrétariat. Vous allez voir, elle a la réputation d’être une vraie bosseuse. »

C’est à vérifier. Venant de la femme de mon rival, je me méfie un peu. En plus, elle est moche…

La matinée passe vite, et c’est déjà l’heure du déjeuner. Je suis en face d’Emmanuel Macaron. Il ne s’est toujours pas remis de sa défaite. Il avait pas mal de chances de gagner lui aussi.

« Hey ! Em’ ! Tu es encore jeune, ce sera pour la prochaine fois…

-Tu ne peux pas comprendre ! » me crie-t-il

Il éclate en sanglots. Le directeur de France Radio accourt pour le consoler. Ils ont l’air plutôt proches l’un de l’autre, ils doivent être de très bons amis.

Pendant le reste du repas, Emmanuel pleure en contemplant son assiette. Merde, je ne savais pas que ça lui tenait tant à cœur, d’être élu. Je pourrais lui passer ma place, vu que ma secrétaire est vieille et moche. En plus, je crois qu’il a un certain goût pour les femmes plus âgées.

Après le déjeuner, je reprends place à mon bureau pour commencer à nommer les ministres qui m’aideront à diriger… m’enfin, ils resteront sous mes ordres, faut pas déconner non plus, c’est moi que le peuple a élu.
Après de longues hésitations, je me décide à ouvrir mon ordinateur et à lancer Chrome. J’ai décidé d’utiliser les valeurs sûres. Je tape dans la barre de recherche :

« Les copains d’avant »

Je choisis minutieusement mes meilleurs potes du collège pour les postes intéressants, puis ceux qui m’ont bien fait chier pour les boulots les plus nuls, genre Ministre du Logement. Sérieux, peut-on faire plus pourri que Ministre du Logement ?

Soudain, je reçois un mail. Mon premier mail en tant que Président, je suis tout excité ! J’ouvre Gmail. C’est Trompe, le Président des Etats-Unis. Il me donne un tas de conseils pour « rendre sa grandeur à la France ». Je veux bien, mais j’ai l’impression qu’il mélange un peu tout : il me parle d’élever un mur entre la Suisse et la France. Je mets son mail en « indésirable ». Je n’ai besoin de personne pour être le meilleur des
présidents.

Je regarde ma montre. Déjà 18h ! Je range mes affaires et rentre chez moi. Au passage, j’ordonne une déclaration de guerre à la Russie. Je viens de voir Popoutine sur le JT de TF2, et sa tête ne me revient pas.

Ah ! Je vais bien me marrer, pendant ce quinquennat.