Elysée, saison 5 épisode 8 : L’ivresse du Pouvoir

Clitorin de Menfairpieds-Clavicule

31/03/2017 - 20 ans - France - 33000

Elysée, saison 5 épisode 8 : L'ivresse du Pouvoir

5h49 : S’il y a bien un truc qui ne change pas, même quand t’es président c’est la Ricoré : c’est toujours aussi dégueulasse !
6h04 : Je jette un coup d’œil à la presse, du Sourcils Magazine à La Croix, tout le monde titre : MOI PRESIDENT
7h15 : Ricard
8h07 : J’appelle Vincent Bolloré en me faisant passer pour Matthieu Pigasse et le traite de « très gros tas de fumier », réalisant ainsi mon premier canular en tant que président de la République
9h21 : Armagnac
10h38 : Manuel Valls m’apporte son soutien de dernière minute, ce qui est bien mais pas top
12h00 : L’ancien locataire s’en va, j’en profite pour boire mon premier genépi à l’Elysée. La baraque est cossue mais pas le temps de glander dans les canaps’ car j’ai rendez-vous avec Angela Merkel à Berlin
14h12 : Champagne dans l’avion
15h01 : La voici. Elle est la, radieuse dans un tailleur couleur isabelle, lui donnant des faux airs de Prjevalski. Elle me donne du « Herr Président » et je ne peux nier que ça me rend tout chose. On discute de tout et de rien en sirotant du spritz. Je suis subjugué par cette femme, et mon cœur saigne quand vient l’heure de la quitter. J’ai tout juste le temps de l’inviter à la maison le mois prochain, j’espère conclure
15h36 : Dans l’avion du retour je planche sur la première mesure à présenter aux français au 20h de ce soir. Manuel Valls, qui s’est incrusté dans l’avion me propose une idée qui met tout le monde d’accord : abroger le 49-3. Pour fêter ça, champagne !
17h33 : J’appelle les autres chefs d’états Européens. Ils ont l’air vachement moins cools qu’Angela. Ca va pas être funky les réunions sur la pêche à Bruxelles avec les collègues. En plus je suis sur qu’ils boivent pas
18h10 : Des toasts au foie gras, du champagne, des toasts au caviar, du champagne, des petits fours… Des apéros j’en ai fait, croyez moi. Mais des apéros comme celui-là jamais !
19h39 : Manuel Valls s’est incrusté dans la voiture qui m’emmène à TF1, il me fait répéter mon speech et me donne un peu de whisky de sa flasque personnelle pour m’encourager. Il paraît qu’il fait ça tout le temps avant d’aller à la télé et qu’il tient ça de Jean-Louis Borloo, pour éviter le trac
20h16 : Y a pas à dire, ça marche. Je rigole bien mais j’ai chaud. Malheureusement, à la question « quelle est sera votre première mesure ? » ma langue fourche et je proclame « j’interdirais le 51 ». La présentatrice m’interpelle « interdire le 51, n’est-ce pas une mesure trop polémique ? » je lui rétorque que non et j’embraille sur les trucs que je ne compte pas mettre en place, mais desquelles je parle pour faire croire aux français que je vais améliorer leur quotidien alors qu’en fait pas du tout
21h13 : Vodka
22h52 : L’Etat Major m’informe d’une mutinerie au sein de la police nationale touchant 2/3 des effectifs ainsi que d’une sécession probable du Sud de la France. Ils disent qu’ils ne supportent pas qu’on interdise quelque chose qui fait partie de leur patrimoine et de leur identité. J’ai pas tout compris quand on avait parlé d’interdire le 49-3 mais je pensais pas que c’était un truc aussi apprécié des marseillais
23h56 : J’entends du bruit dehors. La rue du Faubourg Saint-Honoré est remplie de militants de Nuit Debout, venus eux aussi protester « parce qu’avec cette mesure on leur enlève leur raison d’exister »
00h12 : Pas le temps de finir mon calva, mon garde du corps m’emmène au sous-sol pour tenter de fuir en scooter. On réussi à rejoindre les Champs Elysées mais une voiture de police me fait signe de me rabattre. « C’est la circulation alternée monsieur, descendez du véhicule ». Il me demande la carte grise. Je l’ai pas mais je tente de jouir de mes nouveaux privilèges et lui rétorque « laissez monsieur l’agent, c’est moi, le président ! ». Erreur fatale. Pris d’une rage soudaine, le policier dégaine son arme de service et hurle « laisse le pastis tranquille ! T’as pas le droit de toucher au 51 !» avant de me tirer dessus à bout portant.
J’avais pas signé pour ça !