Les participants

Leny.H

13/04/2018 - 17 ans - France - 14310

Dans les griffes d'un Super-Méchant

Je ne voyais rien. Ma tête était lourde et douloureuse. Quant à mes mains, réunies derrière mon dos, elles n’étaient plus que deux masses brûlantes, gonflées, serrées par le lien tranchant qui les unissait. Le sang ne demandait qu’à remonter dans mes bras, mais il restait coincé à la frontière de mes moignons. Pour parfaire mon malaise, ma culotte estampillée “super-gentil” me rentrait dans la raie, et compressait mes supers-couilles. Soudain, un énorme spot éclairant s’alluma. La lumière pénétra ma rétine jusqu’à m’en brûler le cerveau. J’essayais d’articuler quelques mots pour demander qu'on m’ôte la lampe du minois, mais ma super-bouche était remplie d’un gag-ball qui laissait s’écouler ma super-bave sur le sol en béton. Après quelques secondes d’aveuglement, le décor m'apparut. Un sol gris, des murs de tôle, des courants d’air qui hérissaient mes super-poils: j’étais retenu dans un hangar. À moins que mes poils ne se soient hérissés à la vue des outils de cuir et de plastique phalliques posés sur la grande table devant moi. J’entendis des pieds chaussés de talons se rapprocher par-derrière. Étais-je pris au piège d’une super-méchante sado-masochiste? L’espoir d’une super-partie de jambes en l’air grandit en moi. Je sentis une main se poser sur mon épaule engourdie. À travers le lycra de ma super-tenue, je ne pouvais pas profiter de sa douceur, cependant, je sentais bien ses ongles tapoter mon trapèze de buffle, puis remonter le long de ma nuque. Un frisson me parcourut, avant que l’horreur ne me gagne: - Tu as perdu Super-Gentil… C’était une voix de baryton, chaude et rauque. L’espoir se ramollit tout de suite en moi. Je commençai à me tortiller sur ma chaise, je ne voulais pas servir de jouet sexuel à un fanatique! J'essayais de frotter la corde autour de mes poignets contre les barreaux de la chaise, mais les cordes trop serrées entaillaient peu à peu ma chair. Et mes supers-couilles qui commençaient à fourmiller! Il s’avança vers la table. Je ne le voyais que de dos, sa longue cape noire brodée d’un grand “S-M” clouté ondulant au gré des courants d’air. Il se retourna d’un geste théâtral avec en main une cravache de cuir rose. Il passa une main manucurée dans ses cheveux gominés. S-M portait en plus de sa cape noire un justaucorps en cuir affublé de piques au niveau de son énorme paquet de super-méchant. Il se tenait déhanché, ce qui mettait en valeur ses jambes ficelées de résille et fraîchement épilées. Passée la première impression de surprise, il y avait quelque chose de plutôt excitant. Enfin, vous me comprenez, pas que je sois un foc. Il était juste pas mal, pour un mec en bas résille. Et puis, il sentait bon. Une odeur douce et sucrée. Ça me rappelait ma maman. - Bouh! moi, Super-Méchant je vais être très très méchant avec toi! Il commença à me donner des petits coups ridicules sur les cuisses. Malgré moi, l’espoir d’une super-partie de jambes en l’air renaquit. Mais quel était ce super pouvoir diabolique? Comment un être si abject pouvait-il éveiller en moi de telles sensations? Argh, mes supers-couilles me faisaient si mal! Totalement écrabouillées dans mon slip de super-gentil! Il fallait que je les sauve, la prunelle de mes yeux… S-M me regardait avec cruauté, il devait sans doute savoir ce qui se tramait dans mon pantalon. À moins que ce ne soit de l’excitation. Il s’approcha de mon super-slip, et je ne pus que baragouiner à travers le bâillon: - OOOOOOOOOOOOOO! La morale de cette histoire, c’est que Super-Méchant n’était pas vraiment méchant. Comme le dirait Kant, le méchant est celui qui fait le mal pour le mal, alors que le salaud fait du mal à autrui pour son bien à soi. D’ailleurs, Super-Méchant a essayé de se rebaptiser en Super-Salaud, mais l’acronyme était déjà pris par un groupe allemand.

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